La campagne 2008 pour la Marie de Paris fait curieusement songer à celle de 2007 pour l’Elysée…
Avec, bien sûr une sensation de miroir inversé entre les candidats UMP et socialistes, Françoise de Panafieu succédant à Ségolène Royal dans le rôle du faire-valoir courageux mais inoffensif…
Avec aussi, cette « troisième voie-voix » qui a changé de nom (UDF devenu Modem) et de visage (Bayou représenté par Sarnez) mais qui peine plus que jamais à se faire entendre…
Avec, surtout, un leader incontestable et incontesté qui fait la course en tête et que rien ne semble pouvoir arrêter, tant est puissamment efficace la machine à gagner qu’il a mise en place. En clair, le Delanoë d’aujourd’hui n’a rien à envier au Sarkozy d’hier.

On se souvient d’ailleurs du surprenant édito de Laurent Joffrin dans Libération au lendemain du discours d’investiture de Nicolas Sarkozy, le 14 janvier 2007 : « Maître à bord » titrait-il, faisant un éloge paradoxal de celui qui n’était pas encore Président de la république.
Les mêmes mots viennent à l’esprit pour commenter le meeting que Bertrand Delanoë a donné mercredi dans le 2ème arrondissement pour soutenir la liste emmenée par Sylvie Wieviorka. Dans un des arrondissements clés de la capitale, Delanoë à bel et bien la situation en main.
Parlant près de 45 minutes sans l’aide d’aucune notes, le maire sortant de Paris, a fait montre d’une éloquence rare, variant les tons, tantôt drôle (qu’on pense à sa blague sur les « fumettes de Boutault » par exemple, savamment calculée pour saper la crédibilité de l’adversaire), tantôt sérieux (quand il évoque un enjeu qui lui tient à cœur : la reprise en régie de la distribution de l’eau par la municipalité), prenant à parti l’auditoire et variant les postures, infatigable, avant de disparaître derrière un rideau : le show est terminé !
Une prestation qui nous rappelle des souvenirs et qui nous amène à nous interroger sur les ressemblances de style réelles et supposées entre Bertrand Delanoë et Nicolas Sarkozy, probablement les deux meilleurs exemples actuels du renouveau du « savoir faire » politique …

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Delanoë et Sarkozy : deux virtuoses de la communication
Et précisément, avec Delanoë comme avec Sarkozy, le « savoir faire » devient « faire savoir ». Les deux hommes excellent dans l’utilisation des médias, ayant compris que dans une démocratie d’opinion, l’image jouait un rôle déterminant. Du coup, rien n’est laissé au hasard, et le candidat socialiste à la mairie de Paris ne se déplace pas sans son équipe audiovisuelle chargée d’alimenter son site et sa page Facebook. Le 30 janvier, Benoit Degiovani, « blogman » et Olivier Pacteau, photographe, étaient présents lors du meeting du candidat socialiste dans le 2ème arrondissement :
Benoit Degiovani en action Olivier Pacteau, fan de son patron
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Delanoë et Sarkozy: des adeptes de “l’ouverture”
Qu’elle soit de nature politique ou purement politicienne, l’ouverture est mise en avant par les deux hommes politiques, qui n’hésitent pas à faire appel à des personnalités d’autres bords politiques ou issus de la vie civile. Ainsi Bertrand Delanoë, qui entend s’il le faut s’allier avec les Verts, n’exclut pas non plus de faire alliance avec le Modem de Marielle de Sarnez.
Il s’est par ailleurs adressé plusieurs fois durant son allocution à Jean-Christophe Frachet, Délégué National du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) aux technologies de l’Information et de la Communication et conseiller du 2ème arrondissement de Paris.

Jean-Christophe Frachet, spectateur du premier rang
Durant son meeting dans le 2ème arrondissement, le maire sortant de Paris n’a d’ailleurs eu qu’un leitmotiv : « Je ne suis pas sectaire », « Je m’adresse à tous les parisiens », un slogan qui nous rappelle le « Je m’adresse à tous les français » du candidat Sarkozy l’année dernière.
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Nicolas Revel: le Claude Guéant de Bertrand Delanoë?
On sait l’importance que Claude Guéant a eu dans la campagne de Nicolas Sarkozy l’année dernière, véritable « homme orchestre du candidat Sarkozy » (selon les mots de Philippe Ridet). Modeste et affable, cet énarque avait su se faire apprécier de tous. Du côté de Bertrand Delanoë, c’est Nicolas Revel, son directeur de cabinet qui semble jouer un rôle croissant dans l’organisation de la campagne. Arrivé à la mairie comme conseiller technique, il est devenu directeur adjoint du cabinet, en remplacement d’Hélène de Largentaye, après avoir été directeur de cabinet de Jospin à Matignon.

Nicolas Revel, attentif aux erreurs de Delanoë
Le fils de l’écrivain et éditorialiste au Point Jean-François Revel s’est même permis de corriger en direct Bertrand Delanoë qui mélangeait nombre d’habitants et nombre de chômeurs gagnés par Paris sous sa mandature lors de son meeting dans le 2ème. Le maire de Paris a réagi avec humour, témoignant d’une véritable complicité entre les deux hommes : « merci Nicolas, eh oui, je vieillis… Nicolas Revel vient de corriger son patron, vous allez voir ce qu’il va prendre demain ! Mais non, vous avez raison Nicolas, c’est votre boulot de corriger mes conneries, mais c’est votre boulot aussi de ne pas m’en faire dire… »
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Sarkozy et Delanoë: convertis à la peopolisation
Les deux hommes aiment à s’entourer de personnalités du show bizz et du monde sportif. “Bernard Laporte est un copain” disait… Bertrand Delanoë en 2003, bien avant que Nicolas Sakozy n’en fasse le secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Jeunesse et des Sports.
Le maire de Paris a également un réseau culturel très dense: Elie Semoun, Line Renaud, Jeanne Moreau sont les plus proches, auxquels s’ajoutent Pierre Arditi, Bernad Murat, Michel Piccoli, Marie-France Pisier ou encore Jean-Marie Périer…
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L’utilisation de la vie privée
Si Nicolas Sarkozy reste champion toute catégorie de la médiatisation frénétique de son intimité, comme l’ont confirmés les épisodes récents de ces deux voyages avec Carla Bruni en Egypte et en Jordanie, rappelons que Bertrand Delanoë a révélé son homosexualité au cours d’une émission de télévision - c’était le 22 novembre 1998 pour Zone Interdite - et a su transformer ce coming out spectaculaire en arme électorale.
Il faut cependant rappeler qu’à l’époque le débat autour du PACS faisait rage et que l’utilisation que Delanoë avait faite de sa vie privée tenait plus du courage personnel que de la stratégie politicienne. Reste que loin de l’avoir desservi, cette honnêteté et cette transparence ont contribué à faire de lui une figure hors norme dans le paysage politique français.
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Delanoë et Sarkozy: la littérature noire
Les deux hommes suscitent les passions positives et négatives et sont de bons arguments de vente en librairie. Ils sont donc les sujets privilégiés d’une littérature pamphlétaire florissante. On se souvient bien sûr de la diatribe d’Eric Besson sur le candidat Sarkozy qu’il accusait d’être un “néo-conservateur américain à passeport français“.
Aujourd’hui, Delanoë fait face à des attaques ad hominem du même acabit. Et il ne s’en cache pas, bien au contraire. Le maire de Paris a évoqué lui-même durant son meeting dans le 2ème arrondissement le cas d’un de ses ex-conseillers, qui après avoir été démissioné, avait entrepris un travail de sape sur son ex-patron: il aurait publié un ouvrage infamant sur la gestion de la Mairie de Paris avant de rejoindre une liste UMP pour les municipales.
Lors de sa prestation du 30 janvier, Bertrand Delanoë, n’a pas poussé le vice jusqu’à nommer le dit conseiller. Il en a par contre dressé un portrait peu flatteur : « ce type était fayot, il me cirait les pompes mais alors, s’il pouvait cracher dessus même sur la semelle… ».
Après enquête, MuniParis a identifié avec certitude un certain Serge Federbusch, auteur d’un essai au titre objectif et mesuré : Delanopolis, le jeu de massacres des rues de Paris, et membre de la liste UMP dans le 10ème arrondissement de Paris.
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Serge Federbusch, “fayot et techno”, DR
Parlant de Serge Federbusch comme d’un traitre, Delanoë a ironisé, mercredi : « J’ai mon Eric Besson à moi. C’est chic. A mon avis c’est tendance même »
Mais Serge Federbusch n’est pas le seul à taper sur le Maire de Paris. Dans son livre sobrement intitulé Pariscide, François Devoucoux du Buysson, essayiste fondateur du Perroquet libéré (site d’information satirique), s’en prend aux « gâchis de l’ère Delanoë ». Dans son ouvrage, il compare également le Maire de Paris à … Nicolas Sarkozy : il en fait les deux principaux tenants d’une politique communautariste.
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Delanoë et Sarkozy en 2012: un fauteuil pour 2?
Au vu de ces multiples ressemblances entre les deux hommes, on ne s’étonnera pas du climat d’entente cordiale qui s’est installé entre l’Elysée et la Mairie de Paris, à l’exception de quelques passes d’armes - avant tout symboliques - concernant le projet du “Grand Paris”. Un respect réciproque sans doute entre deux animaux politiques qui s’observent, et qui n’a pas manqué d’agacer Françoise de Panafieu, la candidate UMP.
Qu’elle se rassure, cette acceptation mutuelle entre Delanoë et Sarkozy ne saurait durer, car cette gémellité politique pousse inexorablement les deux hommes à désirer la même chose: l’Elysée en 2012!

Seulement “étudiants en journalisme” mais pratiquand déjà à ce point de la lèche… C’est à désespérer !
Bien sûr, les français sont prêts à nous élire un président “homosexuel” fricotant avec son homme sur le perron de l’Élysée…
Il n’y a que le petit peuple Parisien pour y croire ! Qui n’a encore rien compris à la sociologie de ce pays…
Sarkozy et Delanoë : même appétit du pouvoir, même formation (apparatchick), mêmes mythes, même agressivité, même dégoût du modèle français, même opposition à la laïcité, à la conception de citoyens égaux, même démagogie du moment quoi !
Attention, il y a beaucoup d’erreurs factuelles dans l’article, c’est dommage car l’angle est intéressant. Je trouve également saugrenu d’écrire que Delanoë ait fait de son “coming out” une arme politique…
Je suis contente que mon angle te plaise Thess, car visiblement tu es trés renseignée… Quelles sont donc les erreurs factuelles que tu évoques? Cela m’étonne car j’ai vérifié toutes les info qui sont dans ce papier avant de le publier… mais on n’est jamais trop prudent, n’est-ce pas?
Pour le coming out comme arme politique ce point est certes discutable mais il mérite à mon avis d’être discuté.
Je m’en explique d’ailleurs dans la suite de l’article…
“D” comme DESASTRE
Comparer Sarkozy et Delanoe pourrait paraitre, - à priori - plutôt comique, en réalité nous avons d’un côté Sarko qui tente de calmer les caprices d’enfants gâtés des Français, de les remettre au travail et de casser les privilèges inacceptables de certains (CE de luxe à l’EDF + quasi gratuité de l’électricité, horaires de certains cheminots qui sont plus proches des 20h que des 35 h, passons) et de l’autre Delanoé qui est prêt à toutes les bassesses pour être réelu à n’importe quel prix et poursuivre son travail de sape de la société parisienne, mon choix est fait depuis longtemps. Comment les Français, en général, et les Parisiens en particulier, peuvent ils être à ce point naïfs et croire que tous les délires Delanoe - Beaupin et consorts font du bien à Paris et à son économie ? Pour vivre, une ville a besoin que ses habitants et ses banlieusards travaillent, se déplacent, achète, sortent, se distrayent, bref produisent et consomment. La clique Delanoé n’a jamais tenu aucune promesse électorale, sauf une : faire de la circulation un enfer. Quelques crèches disséminées ici et là et largement commentées dans la presse, quelques ravalements d’immeubles et beaucoup de tapage et du vent, par contre la mairie delanoesque est beaucoup plus discrète sur l’augmentation faramineuse des impôts locaux, sur la préemption exercée sur des quantités d’immeubles dans divers quartiers (le Sentier en particulier) afin de les réserver aux amis et petits copains, quelques tours de passe passe et le tour est joué, une flambée des prix soigneusement orchestrée par Mémaire et ses acolytes permet à la mairie d’encaisser des juteuses royalties sur chaque transaction. Ajoutez à cela la fameuse fourrière qui travaille maintenant 24 heures sur 24 et vous comprendrez pourquoi aujourd’hui, les entreprises, les commerçants, théatres, cinémas, restaurants s’écroulent. Aujourd’hui, avec la chasse aux autocars, même les touristes commencent à se détourner de la ville ‘la plus visitée du monde’. La communication, soigneusement étudiée et peaufinée par Delanoé est muette lorsqu’on évoque l’augmentation de la mortalité parmi les piétons et cyclistes, très discrète aussi lorsqu’on parle des généreuses subventions aux associations gays et lesbiennes qui en profitents largement. Le comble: même les transports publics sont victimes de ces folies, les bus roulent de moins en moins vite, les métros sont plus bondés que jamais et les taxis peinent à circuler dans ces labyrinthes d’un nouveau genre. Victimes oubliées, les malades, vieillards, handicapés, ont peur se sortir leur voiture et sont consignés à la maison. Un seul mot : ASSEZ !